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DU MAX GOERGEN DANS LE TEXTE

Max Goergen a passé la fin de sa vie dans le Kiischpelt, à Wilwerwiltz, dans la maison qui abrite aujourd'hui la "Sproochenhaus" (Maison des langues). Il y aurait certainement beaucoup de choses à dire au sujet de Max Goergen, mais, comme nous n'avons pas assez de temps, nous avons choisi de nous concentrer sur l'essentiel.

Dans les textes et les pièces de théâtre de Max Goergen, on retrouve deux constantes importantes:

  • la personnification de la mort et
  • son langage.

La personnification de la mort

Dans beaucoup de ses œuvres les plus connues, la mort est représentée par un personnage particulier.

  • Dans "Drei Kreizer" ("Trois croix"), un spectacle en plein-air représenté à Enscherange il y a une bonne cinquantaine d'années, il s'agit de la célèbre faucheuse, ce squelette armé d'une faux. Cette fois-ci, elle avait introduit la peste dans le pays et donc provoqué un grand nombre de morts.
  • Dans "Wölle Grôf" ("Comte sauvage"), un autre spectacle en plein-air représenté à Wilwerwiltz à la même époque, la mort est représentée par l'accusateur.
  • Dans "Den Pierrot" ("Pierrot"), la mort apparaît sous les traits d'un mime qui provoque le décès d'une jeune fille.
  • Dans la pièce "Den Amerikaner" ("L'Américain"), dont nous avons lu un extrait l'année passée, c'est la mère qui abat involontairement son propre fils avec une hache.
  • Enfin, dans la pièce "Eng Ucht" la mort est incarnée par un étranger. Après la visite de ce dernier, une vieille femme décède de mort naturelle.

Son langage

On appréciera surtout la précision de ses descriptions, tant au niveau des décors que des personnages, mais aussi l'emploi de nombreux termes et expressions luxembourgeois anciens.

Description des deux personnages principaux de "Eng Ucht"

ME'HM GRITT. La septantaine. Une femme bien élancée, toutefois un peu rapetissée sous le poids des années. Des cheveux blancs comme neige. Elle porte un bonnet plat, une blouse à carreaux noirs et gris et une robe noire.

L'ETRANGER (dans le rôle de la mort). Des vêtements gris foncé qu'il porte comme un uniforme. Un col plat avec de larges pointes blanches. Une casquette de fourrure ronde. Pas de cheveux. Les yeux creusés. Un pas énergique et une agilité de chamois.

Description du décor

Un vieux salon paysan. Dans le plafond, des poutres en chêne massif, au milieu desquelles est accrochée une lampe à abat-jour. En dessous, il y a une table en chêne dégagée (plus à droite) avec un banc sans dos. De nombreuses chaises. Devant, à droite, la grand-mère est assise dans le fauteuil avec un rouet à côté d'elle. Ses petits-enfants jouent à ses pieds. A gauche, une belle horloge en châtaignier, un taquet et une armoire murale en noyer massif avec des lignes mesurées avec précision; une cheminée avec un tas de petites bûches d'épicéa sur le côté. Dans le fond, une porte. Sur les murs, une série de portraits de saints bien nettoyés, de nombreux portraits avec des cadres pesants. On s'aperçoit tout de suite qu'on n'est pas chez un vulgaire petit cultivateur de pommes de terre.

C'est le soir de la Fête des morts, entre le jour et la nuit.

Les petits-enfants de Me'hm Gritt aimeraient que leur grand-mère leur raconte l'histoire de la princesse du château "Spackeldoarschlass". Mais, comme la grand-mère préfère dire une prière, les enfants lui posent des questions à propos du ciel et de la mort.

Et à propos du cimetière, jusqu'à ce que tout à coup Piri s'écrie:

"Grand-mère, regarde! Il y a un homme devant la porte."

Des lumières d'un vert criard, d'un jaune blafard, d'un violet et d'un bleu vifs se mettent à s'entremêler. Le petit salon est devenu beaucoup plus grand. Les murs ont bougé et on ne les voit plus. Avec cet effrayant jeu de lumières, on n'arrive plus qu'à discerner la table, les chaises et la cheminée. De tous les côtés, on voit les âmes en peine arriver pour se réunir. Elles chantent le refrain d'un hymne à la jeunesse. On les reconnaît à certains signes distinctifs: soit à ce qu'elles aimaient le plus quand elles étaient vivantes, soit à ce pourquoi elles étaient connues dans le village. De plus amples détails sont énumérés aux premières pages du registre des personnes. S'il n'y a rien marqué de particulier, les femmes portent un rouet ou une aiguille à tricoter. Le cortège est amené par le garde-champêtre, suivi des premiers notables. Les autres arrivent de tous les côtés.

Les âmes en peine se retrouvent à présent assises en petits groupes. Les unes jouent aux cartes, les autres se racontent des ragots. Ensuite, elles se mettent à chanter et, à la fin, les âmes en peine s'en vont avec l'étranger, alors que Me'hm Gritt est morte.

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